Histoire sans filtre d’un accouchement sportif

D’habitude c’est Whiskey qui vous parle sur le blog, mais, pour ce sujet, j’ai trouvé important de vous raconter ma version des choses en ce qui concerne un sujet sur lequel je reçois beaucoup de questions sur Instagram : l’accouchement de ma petite Mia.

Comme d’habitude, je vais vous parler sans filtre et je partage volontiers cette histoire, car je suis convaincue qu’elle peut aider certaines (et pourquoi pas certains) à avoir un autre regard sur ce sujet. Je ne vais pas vous épargner certains détails, donc si vous avez le coeur bien accroché, continuez la lecture. Sinon, à bientôt 😀

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La grossesse – ce cauchemar qui dure 9 mois 

Je ne vous ai jamais caché l’aversion que j’ai eu pour la grossesse. Chacun vit cette période de manière différente, évidemment. Pour moi, ça a été long, perturbant de voir mes abdos disparaître (même si, je vous l’accorde, je n’ai pas eu un énorme ventre), mon corps changer alors que j’avais travaillé pendant des années à le muscler et le rendre fort et endurant, frustrant de ne pas pouvoir faire tout ce dont j’avais envie, de m’essouffler en montant des escaliers, affolant de me dire que ces mêmes jambes avaient fait deux marathons et se trouvaient désormais en coton.

Tout ça, même si je n’ai pas eu une grossesse particulièrement compliquée. Car mis à part un premier trimestre où les nausées ont fait la loi, le reste a été plutôt sympa, j’ai pu bouger librement jusqu’à la dernière minute, j’ai continué le running jusqu’au début du 8ème mois, la muscu jusqu’à la fin et j’ai enchaîné les semi-marathons à pied au quotidien, les événements influencer et sportifs et ainsi de suite.

Malgré tout ça, l’accouchement était, dans ma tête, encore pire que de rester enceinte. On entend autour de nous tellement d‘histoires d’horreur, des expériences négatives au plus haut point, des péridurales ratées, des aiguilles cassées dans le dos, du sang sur les murs (ok, ok, j’exagère :D). Après avoir assisté à un cours de préparation à l’accouchement, j’ai failli tomber dans les vapes quand ils ont expliqué le procès.

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Un bébé très pressé de rencontrer tout le monde, pointe son bout de nez 3 semaines et demi avant le terme 

Dans ma tête, mon bébé était la seule chose positive que j’allais en tirer de cette grossesse. Mais j’appréhendais cette rencontre, car je n’ai jamais eu d’instinct maternel. Je n’ai jamais joué aux poupées étant gamine, je n’ai jamais eu envie de passer du temps avec des mômes, encore moins d’en vouloir.

Ca a changé quand j’ai rencontré mon chéri, mais plutôt au niveau cérébral : j’avais envie de créer quelque chose avec lui, un petit être humain qui partage notre ADN semblait une idée alléchante, car on allait avoir quelqu’un à qui apprendre tout ce qu’on avait appris jusque là et qui nous apprendrait, à son tour, plus que ce qu’on pouvait imaginer. Ca ne venait pas d’un besoin utérin, mais d’une envie du coeur. Et même quand ce raisonnement a fait son bout de chemin dans ma tête, j’ai pris longtemps avant de passer à l’acte. Pour moi, avoir un enfant était une décision importante, je ne pouvais pas la prendre à la légère.

Ce bébé, qui a été fait d’un trop-plein d’amour, était aussi pressé que ses parents de commencer une super aventure à 3. C’est comme ça qu’elle a décidé de débarquer sans prévenir un dimanche soir, presqu’un mois avant la date préconisé par les médecins. Tout a commencé pendant que je dormais tranquillement dans mon lit.

J’avais prévu tout le planning de la semaine en avance, j’avais plein de rendez-vous à caler, une séance photo, le vernissage de mon amie Lola Ledoux (allez voir son expo Chez le Chien !), le lancement de la Woof Run dont je suis ambassadrice, le Salon Chien Chat. J’avais prévu de me calmer et lever le pied à partir du 20 avril, date à partir de laquelle je me disais que tout pouvait arriver.

Mia n’a pas tenu compte de mes plans et je me suis mise au lit tranquillement un dimanche soir et je me suis réveillée une heure après, parce que j’avais perdu les eaux. Surprise ! Je savais qu’une fois que ça arrive, on a grosso modo 2 heures pour se rendre à l’hôpital. Par la suite, le bébé n’est plus dans un milieu protégé et des infections sont possibles. Pourtant, je n’étais pas du tout pressée d’y aller, surtout que je n’avais pas de contraction. J’ai donc traîné tant que j’ai pu, à jouer avec les chiens, prendre une douche, ajouter les dernières affaires dans la valise. Tout pour éviter ce moment incontournable. Après une heure, je n’ai plus eu le choix et on a pris la voiture, direction l’hôpital Saint Joseph.

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Accoucher était, pour moi, mourir un peu

En arrivant à l’hôpital vers 2h du matin, on annonce à l’accueil que j’ai perdu les eaux et on me met de suite en salle d’accouchement. Pas de passage par une salle d’attente. Et merde ! ça fait flipper. J’ai une peur bleue des hôpitaux, des aiguilles, des odeurs qu’on retrouve dans ces milieux stériles. Je faisais encore ma maligne, parce que je n’avais toujours pas de contraction. Sur une échelle de douleur de 0 à 10, j’étais à 0. Pas très zen, mais sans douleur.

Une sage femme m’a informée qu’il fallait faire un test pour savoir si j’avais je ne sais quelle bactérie. Si positif, l’accouchement allait être déclenché artificiellement pour protéger le bébé. Sinon, on allait attendre jusqu’à 48h pour qu’il se déclenche tout seul. Aucune de ces 2 perspectives ne me plaisait. Une heure plus tard, le test était négatif, je devais donc attendre. Je commençais à sentir des petites contractions, mais rien d’affolant, pareil que les contractions que j’avais déjà senties auparavant pendant la grossesse. Un petit 1 sur l’échelle de la douleur.

Avec mon chéri, on a commencé à regarder un épisode de Orange is the New Black, on a du retard sur cette série. J’avais le droit de faire ce que bon me semble. J’ai récupéré un Swiss Ball dans les couloirs de l’hôpital et je me suis installée dessus. Quelque temps plus tard, les contractions étaient toujours sans douleur, mais plus régulières. On m’a expliqué qu’on était dans une phase de pré-travail. Vers 6h du matin, le vrai travail s’est déclenché. Une dilatation de 2cm et un col raccourci, étaient les signes que j’allais, visiblement, accoucher dans la journée.

Un interne m’a informée que la moyenne de dilatation était de 1cm toutes les 2 heures. Sachant qu’il faut arriver à 10cm, j’ai calculé que j’allais y passer ma journée, pour que le cauchemar se termine vers 19-20h du soir. Mais c’était sans compter sur ma petite grenouille pressée. Heureusement d’ailleurs.

Entre le 2ème et le 3ème centimètre de dilatation, les contractions ont été violentes. A tel point que la Swiss Ball ne servait plus à rien, je n’arrivais plus à me concentrer sur la série et je me figeais sur place chaque fois que j’en avais une, c’est à dire toutes les 2 minutes. Je me suis dit que c’était le début de la fin. 

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Dieu merci pour la péridurale !

Heureusement pour moi, ce passage a été assez court, une heure à tout casser. Quand ils sont arrivés pour me demander si je voulais la péridurale, je n’ai pas hésité, même si ce moment me faisait presque plus peur que la partie où on est censées pousser. Les contractions me faisaient plus mal que lorsque je m’était cassé le coude à 2 endroits différents et sur l’échelle de la douleur (de 0 à 10) j’étais facilement à 12 😀 

Je ne voulais rien voir de cette procédure, j’allais probablement perdre connaissance en voyant la taille de l’aiguille de toute manière. Quand ils m’ont demandé si j’étais prête, entre 2 contractions, je tremblais comme une feuille. Mais je faisais encore de l’humour. J’ai demandé si, à leur avis je tremblais de douleur ou de peur et l’anesthésiste m’a confirmé que j’étais une sacrée flippette. Mais avoir mon chéri sur place, ça a été d’une grande aide, je n’ai donc pas broché lorsqu’on me piquait le dos. Et, franchement, ça ne fait pas aussi mal que je le pensais. On fait d’abord une anesthésie locale, donc on ne sent pas grand chose.

Et le résultat est bluffant. Un quart d’heure plus tard, on n’a plus mal. Je sentais toutes les contractions, mais sans douleur. Magique. Le mieux, c’est qu’on a cette télécommande dans la main, avec laquelle on peut décider à quel moment on augmente la dose d’anesthésique. Sentir qu’on a le contrôle à ce moment-là, c’est génial. J’ai dû appuyer sur le bouton en question 2 ou 3 fois au total, le reste du temps, une dose constante est envoyée dans l’espace péridural et je pense honnêtement qu’elle est suffisante pour ne pas complètement endormir le bas du corps et sentir ce qui se passe, pouvoir pousser sans avoir mal.

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La théorie de la relativité pendant un accouchement 

Une fois la péridurale en place, j’étais aux anges. Je vous ai fait des stories depuis la salle d’accouchement, répondu aux commentaires, appelé mes proches, envoyé mon mari à la maison pour y laisser la voiture, sortir les chiens et leur donner à manger. J’avais devant moi quelques bonnes heures avant de rencontrer mon bébé, d’après le staff médical, pour passer de 3cm à 10.

Sauf que la sage femme qui est venue me voir une heure plus tard, m’a informée que j’étais déjà à 9cm. Tout est relatif, mais quand même ! D’après elle il me restaient à peu près 3 heures avant le moment crucial. J’ai appelé mon chéri pour qu’il revienne vite. Je n’avais aucune envie d’être seule quand ça m’arrivait. 30 minutes plus tard il était là, avec un Kinder Bueno qui me donnait très envie, mais je n’avais plus le droit de manger depuis quelque temps déjà. Frustration. Il n’a jamais eu le temps de le manger non plus, car, dès qu’il est revenu, on m’a dit qu’il fallait passer aux choses sérieuses et pousser.

En entendant cette phrase, de battre mon coeur s’est arrêté. Non, je n’étais pas prête. Dans tous les films où le sujet est abordé, ça a l’air affreux. On crie, on transpire, on hurle à la lune et après on est épuisé. Je ne voulais pas que ce moment arrive et voilà qu’il était là, bien plus tôt que prévu, de tous les points de vue. Je me suis rappelé à ce moment précis d’un article que j’avais lu sur un blog de muscu, où on comparait le fait de pousser avec faire des squats. Je me suis dit que des squats, je sais en faire. Donc j’ai attendu la prochaine contraction et j’ai fait un squat, puis un deuxième et un troisième. La sage femme m’a arrêtée avant le 5ème. Plus besoin, on était bon. Tout ça pour 4 squats, je me suis dit.

J’avais précisé à l’équipe médicale que ni mon mari, ni moi, on n’avait aucune envie de couper le cordon, mais je ne pensais pas qu’il fallait préciser que ça ne me disais pas non plus qu’on me mette ma fille dans les bras avant qu’elle soit propre. La voir mauve, pleine de sang et d’autres liquides douteux, avec une tête rhomboïdale, ça a été assez choquant. Car lorsqu’on m’a demandé de tendre les bras, je pensais que ça faisait partie du procès d’accouchement. C’était pour me la donner. Elle faisait un peu peur. Ce n’était pas trop ce que j’avais commandé 😀 Mais, une heure plus tard, quand on me l’a rendue après les soins et les analyses, elle était rose et rigolote, elle m’a tout de suite plu.

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L’instinct maternel est né pendant la nuit

J’appréhendais l’accouchement plus que la suite et le fait de devenir la mère de quelqu’un. Ca ne veut pas dire que je me sentais prête, mais juste que j’arrivais plus à me projeter dans ce rôle que dans celui de la femme enceinte. J’avais élevé des chiots, des chatons et d’autres petites bêtes, nom de Dieu, à quel point ça pouvait être différent ? La vérité est que ça se ressemble. Responsabilisez vos enfants en adoptant des animaux, ça les aidera dans le rôle de parent 🙂

Je ne me suis pas sentie très émue quand j’ai tenue ma fille dans les bras pour la première fois, mais plutôt rassurée d’avoir survécu 😀 Un peu perturbée par son étrange apparence. J’ai eu un moment d’émerveillement lorsque sa petite bouche a trouvé mon sein la première fois, il y a quelque chose de très attendrissant dans cette tête de chien foufou qui a faim, mais ne sait pas comment faire pour se nourrir. Et qui, d’un coup, s’accroche. Il y a eu une certaine connexion des deux esprits à ce moment là, j’ai compris qu’elle avait profondément besoin de moi et moi d’elle, à un niveau que je n’imaginais pas auparavant.

On a passé la première nuit à se regarder, à se découvrir. Ok, elle ne voit pas grand chose encore, mais elle reconnait mon odeur et elle a l’air de me connaître déjà. Et tout d’un coup, elle arrête d’être ce petit alien qui me donnait des coups de pied sous les côtes et elle devient mon petit. C’est une sensation que je ne pouvais pas imaginer avant de la vivre et je pense que la plupart des parents vous dira la même chose.

On continue à faire connaissance, c’est tout un procès. Mais on s’aime déjà et ça, c’est une évidence. Comment c’est possible ? Je ne sais pas. La nature est bien faite. Et il y a un peu de magie là-dedans.

 

Ce fut un accouchement simple, rapide et efficace, 4h et quelques à tout casser de travail, quelques squats et hop ! Pour conclure, je dirais que si moi j’y ai survécu, vous avez toutes les chances de vous débrouiller mieux que ce que vous imaginez. Je m’étais fait une montagne de cet accouchement, ça a été une bonne expérience en fin de compte. Le sport, ça aide pas mal, mine de rien et l’équipe de l’hôpital me m’a bien confirmé. Donc mettez-vous à en faire avant de tomber enceinte et restez active pendant la grossesse si possible. Le reste est une question de chance. Et de squats 😉

 

 

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Sportive et enceinte – quels défis ?

Mon humaine a est en plein dans son 7ème mois de grossesse, dans pas très longtemps je vais rencontrer le petit têtard. Et, pendant ces premiers mois, elle a rencontré plusieurs défis auxquels elle ne s’attendait pas. Je l’ai toujours soutenue comme un pro pendant cette période et, comme mon intense expérience récente pourraient vous servir, je vais vous en parler, au cas où, un  jour, ça vous arrive.

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3 mois et demi – 4 mois – 4 mois et demi

Le regard des autres

La chose qui a le plus interpelé mon humaine pendant ces 6 mois a été liée à la manière dont les autres humains l’ont regardée quand elle parlait de sport, après leur avoir annoncé qu’elle était enceinte. Les petites remarques du style « tu devrais arrêter le running » les « quoi ? tu cours encore avec ton chien ? » ou « tu ne charges pas trop là, pour une femme enceinte ? » « tu ne manges pas assez » « quand est-ce que tu arrêtes les sport ? ».

Tout à coup, tout le monde pensait avoir le droit ou même l’obligation de donner son avis sur la question. La famille, les amis, les inconnus. Ceux qui ne font pas du sport, surtout. Car il existe une espèce d’aura propagée par les femmes enceintes qui les mets tout de suite dans l’imaginaire collectif dans la case handicapé. D’ailleurs, c’est pour ça qu’on est censés leur donner la place dans le bus, pas vrai ? Bah non.

Mon humaine a horreur qu’on se mêle de ses oignons et elle n’a pas hésité à les envoyer voir si elle n’était pas ailleurs. Elle a toujours pris ses décisions en se fiant aux professionnels, pas au plus grand nombre et, dans ce cas précis, aux médecins et aux résultats des analyses. Et non, lorsqu’on est enceinte on ne se transforme pas en grosse loque qui bouffe 2 fois plus, installée confortablement dans son canapé pendant 9 mois. On peut bouger et faire plein d’activités, même courir, jusqu’à un certain moment, eh oui.

Les nausées du premier trimestre

Ça a été l’horreur. J’ai été là quand mon humaine a eu une double fracture du coude, quand elle est tombée dans l’escalier en enchaînant plus de 20 marches sur les fesses, quand elle a eu 41°C de fièvre et qu’elle séchait comme une tomate au soleil. Je ne l’ai pourtant jamais entendue dire qu’elle allait mourir. Pendant les 3 premiers mois de grossesse par contre, elle en était persuadée.

J’avoue que passer ses journées à vomir n’a pas l’air drôle, mon humaine avait le mal de mer en permanence, les mêmes symptômes qu’après une bonne cuite, mais sans l’euphorie et les souvenirs joyeux de la nuit d’avant. Gros challenge de se lever de son lit, enfiler ses baskets et aller au sport. Beaucoup de fois, elle a perdu ce combat et n’a pas pu y aller. On a raté quelques séances de canicross aussi. Quelle frustration !

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5 mois – 5 mois et demi – 6 mois

Le manque de vêtements de sport pour femme enceinte

Alors là, on en parle ? La pénurie de fringues de sport dans lesquelles on peut entrer quand on a un ventre qui s’arrondit ! On dirait que le monde entier complote pour que mon humaine ne puisse plus avoir l’air décent dans une paire de leggings faits exprès pour son état actuel. Et ok, elle n’a pas encore un gros ventre, mais ses vêtements de sport d’avant, taille XS et bien gainants, compressent pas mal le petit têtard et c’est super désagréable.

Elle est allée dans tous les magasins de sport et même sur internet, impossible de trouver une paire de leggings taillés pour elle. Comme si personne n’avait pensé qu’on peut avoir envie de faire du sport à ce moment de sa vie. En plus, lorsqu’elle pose la question aux vendeurs, on fait les yeux ronds et on la regarde comme une folle.

Mais où sont les leggings maternité de sport, bordel de merde ?! Et ne lui répondez pas qu’il suffit de prendre un legging maternité classique, ou les fringues de l’humain, elle va vous envoyer bouler. J’avoue que ce n’est pas la même chose 😀

La frustration d’écouter plus sa tête que son corps

Oui, être enceinte n’est pas une raison d’arrêter le sport, d’ailleurs elle vous dira que si vous avez toujours été sportive ce serait vraiment dommage de tout arrêter d’un coup, le sevrage risque d’être violent et surtout inutile. Oui, il y a des femmes qui ont des conditions particulières, qui les empêchent de faire du sport. Oui, peut-être même que l’humaine devra arrêter à un moment donné. Mais tant qu’elle se sent bien et que cette activité physique lui est bénéfique à elle, ainsi qu’au petit têtard, pourquoi arrêter ?

Par contre, il faut effectivement bien adapter sa routine à son état du moment. Ce qui n’est pas évident quand on se sent en pleine forme. Elle aurait envie de faire de la corde à sauter (elle en est folle, mon humaine) eh bien non, il ne faut pas. Pas bon pour le bébé. Mouais. Pas de boxe non plus. De body combat, body attack, tout ça c’est fini. Heureusement, il lui reste la muscu. Mais elle a eu du mal à se dire que même si le corps suit bien, il faudrait être raisonnable tout de même.

La perte d’équilibre due à la grossesse

Ah ça, vous connaissez ? C’est marrant, mais quand une humaine a un petit têtard dans son ventre, son centre de gravité change. Bien évidemment vers l’avant et vers le bas. Bon, ça ne veut pas dire qu’elles vont tomber en marchant, hein, mais juste qu’elles n’auront plus le même sens de l’équilibre qu’avant.

Par exemple mon humaine, ce qu’elle aime le plus après les exercices de plyométrie (ceux où l’on saute), ce sont ceux de proprioception, qui travaillent en profondeur les muscles stabilisateurs et qui permettent au corps humain de garder l’équilibre, même les yeux fermés. Eh bien, heureusement elle avait travaillé ça avant de tomber enceinte. Maintenant, lorsqu’elle court, son corps se penche vers l’avant et son cou part vers l’arrière, on dirait une espèce de poule bizarre. C’est drôle.

Les articulations détendues 

Une autre joie de la grossesse. Pour faire de la place à un autre être humain dans son corps, les articulations de l’humaine (toutes ses articulations, ceci dit en passant) sont moins rigides. De cette manière, chaque petit os peut être déplacé de telle sorte que les organes prennent leur nouvelle place, pendant que le têtard pousse.

Ça augmente les risques de blessure, car les tendons sont plus détendus, donc l’ensemble est moins solide. Pour l’instant, dieu merci, aucun incident à rapporter, mais on y va doucement et on fait attention quand même.

Si vous avez d’autres expériences, partagez-les avec nous !

Whiskey

 

 

 

 

Le canicross enceinte

Faire du canicross lorsqu’on est enceinte ? C’est de la folie ! C’est de l’inconscience, de la malveillance vis à vis du bébé pas encore né, c’est égoïste et risqué et ça ne vaut pas le coût. Attends, mais t’imagines comment le pauvre fœtus doit se sentir, secoué dans tous les sens, comme une canette de Coca, compressé par une ceinture et tiré par un chien ? Tu es malade ! C’est le genre de discours auquel mon humaine a eu droit de la part de ses proches lorsqu’elle répondait par l’affirmative quand on lui demandait si on continue nos sorties running à 6 pattes.

Mais mon humaine n’est pas du genre à prêter attention à l’opinion générale, surtout quand celle-ci concerne ses affaires très personnelles. Car les gens ont un avis sur tout et ils sont tous au moins experts en politique, foot et, apparemment, grossesse. Elle s’est dit qu’elle demandera plutôt l’avis des experts sur la question : sa gynéco, son médecin du sport et les ABC coachs sportifs avec lesquels elle travaille. Sa gynéco lui a donné le go, à valider et revalider à chaque fois qu’elles se voient, par précaution et en tenant compte des résultats de ses analyses médicales. Plutôt logique.

femme canicross runwithurdog

Son médecin du sport, lui, la suit depuis des années, depuis sa première blessure au genou et il a l’habitude de travailler avec des sportives qui tombent, elles aussi, enceintes à un moment donné de leur existence. Il lui a conseillé de ralentir la cadence, diminuer les distances, oublier le fractionné, travailler en endurance fondamentale. Mais, à part ça, feu vert pour des sorties tranquilles avec moi.

Les coachs sportifs lui ont recommandé des séances plus adaptées à sa nouvelle condition, suggéré de bien s’alimenter dès qu’elle a faim, qu’elle ne pousse pas trop et qu’elle s’hydrate encore plus qu’avant (comme si c’était possible ! elle boit plus qu’un cheval de course).

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Avec tout cet arsenal de conseils de la part de ceux qui savent vraiment de quoi ils parlent et avec les résultats des analyses et échographies régulières en poche, mon humaine a décidé de surtout écouter son corps. Car, mine de rien, il lui disait pas mal de choses, lui aussi. Par exemple, dans le premier trimestre, quand elle mettait son réveil à 6h pour qu’on aille faire notre sortie tous les deux, mais que son corps lui disait merde, elle allait plutôt vomir que courir. Et moi, je comprenais, elle avait l’air tellement mal, la pauvre, que je ne lui ramenais même plus ses baskets.

Quand on finissait par aller faire notre séance, je l’entendais respirer différemment. Son rythme cardiaque était plus accéléré, elle s’essoufflait après une petite montée et elle n’avait plus du tout la même pèche qu’avant. J’ai vite compris que, pour me défouler, elle préférait me laisser en libre en début de séance, lorsque le parc était encore vide, et continuer la séance à un pace plutôt cool. Ça m’allait aussi : moi, tout ce que je veux c’est qu’on s’amuse ensemble.

Par la suite, ça a commencé à aller mieux, elle avait trop d’énergie. Le deuxième trimestre a l’air d’être vraiment top. Bon, elle me semble bien droguée aux hormones, car elle rigole tout le temps et se tape des fous rires toute seule. Elle a beaucoup de bonne volonté, mais son pace est toujours au ralenti. Pas la peine de forcer, on le sait tous les deux, donc on y va mollo et on profite de la vue.

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D’ailleurs, à quoi ressemblent nos séances maintenant ? Eh bien, c’est toujours le matin, ça n’a pas changé. D’un côté parce qu’elle est plutôt une lève-tôt, mais aussi parce qu’on vit à Paris et, si elle a envie de me laisser un peu libre, elle doit le faire dans le parc lorsque le reste de la population dort. On commence toujours par une longue balade, elle me laisse le temps de renifler librement tous les buissons, les coins de rue, les poubelles et les Velibs. Quand on arrive au parc j’ai le droit à mon quart d’heure de folie. Il est tôt, il fait nuit, il fait froid, mais je m’éclate. Bon, des fois, il arrive qu’elle croise d’autres coureurs et là, c’est foutu pour ma liberté. Mais c’est plus rare.

Après, je reprends ma place devant l’humaine et je trottine tranquillou en lui lançant des petits regards par dessus l’épaule de temps en temps. Bah oui, on ne sait jamais. Quand je sens qu’elle va vraiment lentement, je me colle à sa jambe et je la fixe du regard presque en permanence. Cette humaine est sous ma responsabilité, j’ai promis à l’humain que j’en prendrai soin coute que coute. En plus, comme il y a aussi le petit têtard, maintenant, ça commence à ressembler à un petit troupeau, tout ça, je me sens à ma place.

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Je ne tire plus comme un malade, je ne fais plus mes sprints de furie et, de toute façon, il ne faut pas oublier qu’avec la ceinture ou le baudrier, aucune pression sur le bébé, ça tire dans le dos. Mais je ne voudrais pas faire tomber mon humaine, son centre de gravité a changé et elle m’a l’air aussi stable qu’une toupie. Je me contente donc de suivre son rythme à elle.

On se fait dépasser par des mamies en fauteuil roulant et des chiens à 3 pattes et alors ? On s’en fiche, nous. Ce qu’on veut c’est de se dépenser un peu, partager un bon moment et profiter à fond des endorphines en fin de sortie. Mais, mine de rien, on connaissait l’existence du petit têtard depuis près de 3 mois quand on a participé au canicross de Darnétal 😀

Donc si vous aussi, vous vous demandiez comment ça se passe, le canicross lorsqu’on a comme partenaire une humaine enceinte, j’espère avoir répondu à vos questions. Sachez, en tout cas, que c’est tout à fait possible, car une humaine enceinte n’est pas une humaine handicapé. Il faut surtout demander l’avis des médecins et pas celui de mamie Josette et tata Yolande qui ont certes, connu la Grande Guerre, mais pas le dog running, s’écouter et si tous les voyants sont au vert, ne pas hésiter à continuer son sport, même le canicross.

Whiskey

Qu’est-ce qui a changé dans ma vie depuis que l’humaine est enceinte

Les humains n’ont pas les sens très développés, je vous le dis. Mon humaine n’a eu aucun mal à duper son entourage pendant plus de 3 mois avant de leur révéler l’existence du petit têtard, mais on ne me la fait pas, à moi. Je l’ai tout de suite senti. Et, dès que je l’ai su, mon comportement envers l’humaine a changé.

Je la colle – pour la protéger, évidemment, c’est important de la surveiller de près et voir s’il ne lui manque pas quelque chose. Des fois, elle me boude et me ferme la porte des toilettes dans le nez, mais, en vrai, je sais qu’elle aime bien mon attention et je redouble d’efforts.

Je ne tire plus quand on fait nos sorties de canicross – impossible à Paris de courir en libre, alors mon humaine m’a bien brieffé, il ne faut plus que je la traîne avec des pointes à 20km/h, elle n’a plus la même vitesse de réaction et elle risquerait de tomber comme une crêpe, ce qui ne lui poserait pas de problème en temps normal, mais, avec le têtard en route, c’est pas une super option. Quand on court, je tourne systématiquement la tête pour voir si elle arrive à suivre et, si ce n’est pas le cas, je calme le jeu. Faut dire qu’on traîne un peu la patte en ce moment, mais bon.

Je lui fais des cadeaux – je lui ramène tous mes jouets et des balles encore plus qu’avant. Mais pas que : des fois, c’est plutôt des feuilles et des petites branches, histoire qu’elle puisse se construire un nid, je n’en vois toujours pas un et ça commence à m’inquiéter. Où est-ce qu’ils vont mettre le bébé quand il sera là ?

Je mets mon museau sur son ventre – avec Loulou on s’alterne pour que ce soit équitable, mais des fois on est là, tous les deux, collés sur le ventre de l’humaine, en guéant les mouvements du petit têtard.

La première fois que je l’ai senti, ça m’a beaucoup intrigué. J’ai levé la tête et puis reposée plusieurs fois pour vérifier que je ne m’étais pas trompé : si, ça avait bel et bien bougé. Ça m’a fait couiner d’incompréhension et regarder l’humaine de manière insistante, pour qu’elle m’explique. Je n’ai pas tout suivi, mais il paraît que c’est normal.

L’humaine dit que je suis archi-mignon et méga-chiant à la couver comme ça, mais je prends mon rôle très au sérieux. Je ne laisserai personne lui faire du mal pendant qu’elle porte le têtard, ça n’a déjà pas l’air très évident pour elle, je fais donc tout pour lui faciliter la tâche. Je suis un soldat en mission.

Whiskey

L’humaine va faire un mini-humain

Cela fait quelque temps que je sens comme un changement de l’odeur de l’humaine. Avec Loulou, on n’a pas arrêté de sentir ses cheveux : sa tête est entourée d’un nuage de phéromones, ça sent trop bon. On ne va pas nous mentir, nous, il se trame quelque chose de louche avec l’humaine. La cause ? Un petit têtard. Ses mots, pas les miens.

On ne l’a pas encore vu, même si elle nous a sorti une vieille photo toute floue en noir en blanc en disant que c’était ça. Bon, ça ne ressemblait à rien. En tout cas, ça fait presque 4 mois que ça dure, cette histoire et ce n’est pas prêt à se finir, il paraît que ça prend encore 5 pour qu’on arrive à le voir. Ou la voir, on ne sait pas.

L’humaine a été d’humeur massacrante ces derniers temps. Elle râlait avant, certes, c’est dans sa nature, mais ça n’a rien à voir. Là, elle n’arrêtait pas de dire qu’une gueule de bois qui dure des mois ça va bien, mais c’est quand même méga relou et qu’il serait temps que ça s’arrête sinon elle finira par buter quelqu’un.

Son comportement était devenu bizarre aussi : elle cherchait quelque chose dans les toilettes plusieurs fois par jour, elle les regardait de très près. J’ai essayé de l’aider à trouver plus vite, mais nos deux têtes ne rentraient pas dans la cuvette en même temps.

Je suis assez content de cette nouveauté, mais ce têtard m’a un peu pénalisé sur mes sorties de canicross, car l’humaine en a annulé pas mal pour aller chercher des trucs dans les chiottes. Et le manque d’endorphines post running ne la mettait pas de bonne humeur, je vous le dis 😀 Mais dieu merci, ça va mieux pour moi, car dernièrement elle est en forme le matin et on a repris notre rythme habituel. Bon, elle se laisse un peu plus traîner, il me semble. Elle s’assoit dans son baudrier et me laisser faire le plus dur, mais ça ne me dérange pas, j’aime bien l’effort.

Tout le monde me dit que ma vie va changer une fois le petit humain parmi nous et j’en suis ravi, ça me fera une source d’amusement en plus, les humains c’est trop rigolo ! Et vous, avez-vous des petits têtards autour de vous ?

Whiskey