Comment sortir l’humain de sa grotte

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Les humains ne sont pas des êtres ultra volontaires, comme moi. C’est pas pour rien qu’ils cherchent l’inspiration sur internet, avec des hashtags et de jolies citations motivationnelles. Mais j’ai élaboré une stratégie pour garder les miens au top de leur forme physique et surtout psychologique. Parce qu’il y a une citation latine que j’adore, qui dit mens sana in corpore sano – un esprit sain, dans un corps de dieu, ou un truc dans le genre.

Voici ma méthode en 5 étapes.

  1. Créer l’événement

Pour que mes humains aient envie de sortir courir avec moi, il fallait que je les rende petit à petit dépendants à cette activité. Comme pour toute drogue, la première dose est gratuite 😀

Sachez que l’humain, en général, est fainéant. Pour qu’il garde sa motivation, il vaut mieux qu’il programme ses sorties. Sans organisation préalable, il a tendance à flâner sur Youtube ou Youporn. J’ai mis un certain temps à leur imposer une discipline militaire et 3-4 sorties running par semaine, mais ça a fini par marcher et j’ai désormais plus de succès que Rocco et Katsuni.

Dès que je vois mon humaine enfiler ses baskets, je ne la lâche plus d’une semelle. Je prends bien soin à agiter ma queue comme si ma vie en dépendait, me mettre sur sa route pour qu’elle se prenne les pieds dans mes pattes et lui sauter dans les bras toutes les 75 seconds environ. Comme ça, pas moyen qu’elle se dégonfle.

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  1. Travailler en équipe

Il faut l’avouer, les gars, le running c’est ultra chiant, quand on s’y met. On ne fait rien d’autre que de mettre une patte devant d’autre pendant looongtemps. Il y a plus sexy, quand même. Ce n’est qu’après avoir pris goût à ce sentiment primaire de liberté absolue, de potentiel vent dans les poils, d’odeur de l’aventure dans les narines dilatées, qu’on en devient accro.

Pour leur donner goût à cette activité chiante, un chien c’est primordial. On est tous plus contents de partager quelque chose avec un copain, hein ?

Il faut leur montrer à quel point un binôme peut être stimulant et rassurant. On partage les moments de bonheur, mais aussi les plans galère. Les sorties sous la flotte, les sorties de nuit à -3°C, les sorties sans aucune envie. Mais quand on est ensemble, on se soutient, on s’encourage, on transforme en sortie fun même les sorties pourries.

  1. L’aider à se dépasser

Avec mon humaine, on s’est mis à courir ensemble, dès le premier jour. Enfin, moi, j’avais déjà beaucoup d’expérience, of course, à courir après les balles et les chiennes 😀 Elle partait de loin, parce qu’elle ne court pas après les balles.

Au début, on parcourait des distances ridicules, dignes de Loulou. Progressivement, avec beaucoup de patience et toujours un peu plus de volonté, je l’ai aidée à préparer deux marathons.

J’ai vite pris goût au foutrak. Quoi qu’au début j’avais compris food truck et je me suis fait avoir!

Et cela devient plus facile quand l’humain commence à voir les premiers signes de son évolution. La mienne passe des lustres devant son miroir à se regarder le nombril ou jsais pas trop quoi. Elle dit « tu les vois ? » et moi je fais semblant de comprendre.

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  1. Apporter une gratification

Moi je suis un grand fan des bâtons et pas du tout des carottes ! J’ai vite compris que mon humaine c’est le contraire 🙂 . Pour qu’elle soit contente de ces sorties de dogs running, je la récompense avec une grosse séance câlins juste après, pour lui montrer ma reconnaissance.

Elle se gratifie toute seule de cheat meals devant lesquels je bave discrètement. Enfin, « discrètement ».

Pour faire plaisir à mon humaine je passe des longues minutes allongé dans la boue pour qu’elle prenne sa fichue photo Instagram avec ses baskets et mes pates sales 😀 Est-ce que j’aime bien ? Pas vraiment, mais on est une team, je suis là pour elle-même dans des situations pénibles, parce qu’elle est là pour moi tout le reste du temps aussi.

  1. Always leave them wanting more

Ne pas aller trop vite, trop vite. Ne jamais épuiser son humain. Ça fait des sacrés courbatures et après ça refuse de bouger pendant des jours. A se tartiner d’huile d’arnica et à crier « houuuiii! » chaque fois que ça bouge un doigt. Petit être fragile.

Mais aujourd’hui elle est tellement habitée par cet esprit du dogs running, qu’elle arrive même à motiver ses copines à s’y mettre. Avec ou sans chien, d’ailleurs. Perso, ça ne me dérange pas du tout. Elles sont belles ses copines, je me frotterais bien à leurs jambes des fois >:D

 

Ici lieutenant Whiskey pour les humains, vous me recevez ? Over.

Lieutenant Whiskey

Je répète, ici lieutenant Whiskey (Whiskey – Hotel – India – Sierra – Kilo – Echo – Yankee) vous recevez ? Mouais, grosse déception, vous n’avez toujours pas réussi à craquer le code. Mais je garde espoir ! Un jour, un être supérieur y arrivera, forcément. C’est quand même pas si compliqué, bordel ! Tout est dans mon regard, je vous dis.

Anyway… D’ici là, je vais me servir de cet espace comme d’un journal de bord, pour y déposer mes pensées, mes ressentis, mes colères du moment. Oh oui, surtout mes colères ! Ça me permettra de garder une certaine santé psychologique. Mais que dis-je ? Obligé de parler qu’à des quadrupèdes quand on a une intelligence hors normes, il n’y a rien de plus aliénant.

Pour l’humain qui arrivera à me comprendre, je me présente : je suis le lieutenant Whiskey de l’Armée de terre des Cent moutons, border collie de 4 ans, beau, habile, brillant. Franco-écossais d’origine, je sers dignement mes humains et je les transforme petit à petit en bons petits soldats. Ma méthode est simple et efficace : le sport. Ils aiment ça, mes humains.

Comme je ne peux pas leur parler directement, car ils ne sont pas aussi remarquables que moi, je suis obligé de faire recours à des stratagèmes des plus élaborées. Faire systématiquement semblant de vouloir pisser, par exemple. Pour qu’ils me sortent et qu’ils se bougent. Ça marche toujours. Ou bien, ramener sans cesse une baballe. Ah, les baballes, je like ça, les baballes ! Sinon, leur sauter dans les bras quand ils s’apprêtent à sortir, en faisant les yeux doux. Pour qu’ils m’amènent aussi. Les résultats fluctuent, je n’ai pas encore trouvé une méthode universelle. Mais je teste, sans cesse, je teste.

Quand mes humains ne sont pas là (car ça travaille, les humains) je passe mon temps avec ma colocataire Loulou. Elle ne provient pas d’une race supérieure comme moi, c’est un pauvre bouledogue français, dépourvu de jugeote. Tout ce qu’elle sait faire c’est manger, péter, roter, et faire des léchouilles aux humains à longueur de journée. Bizarrement, ils ont l’air d’apprécier ce comportement déviant et bien rigoler avec elle. Bon, à mon avis, ils se foutent pas mal de sa gueule, car ils l’appellent « le coussin péteur ». Personnellement, je n’aimerais pas une telle qualification. Mais ça n’a pas l’air de la déranger, elle. A cause de sa stupidité, je suppose.

Bon, c’est pas que je m’ennuie avec vous, mais je suis assez pressé, j’ai des choses à faire. But I’ll be back 😉 Garde à vous !