Les droguées du sport et des graines de chanvre

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Il y a quelques semaines, un étrange colis est arrivé par la poste. Ce qui m’a mis la puce à l’oreille est le dessin d’une feuille de cannabis sur l’emballage : complétement louche, vous ne trouvez pas ? Dans ce colis suspect, des barres de fruits secs aux graines de chanvre ! Bonne diversion, de cacher de la drogue dans des barres healthy, mais le lieutenant Whiskey n’est pas dupe ni dopé, héhé !
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L’humaine et Loulou on en dégommé une en queues secondes, blotties l’une contre l’autre dans le canapé, comme deux toxicos en sevrage. Elles m’en ont même proposé (gratuitement, vu que c’était la première fois, hein !), mais j’ai refusé. Eh oui, un grand sportif comme moi se méfie des substances illicites. Je n’ai pas vu tout de suite l’effet que ça faisait sur l’humaine, car elle a mangé sa barre et elle est vite partie à la salle de sport. Mais j’étais aux premières loges pour voir les effet de la drogue sur Loulou.
D’abord, les pupilles dilatées avec ses yeux qui se sont mis à regarder des deux côtés, comme un cheval. La respiration de moins en moins régulière, signe que le rythme cardiaque augmente rapidement. Puis ce regard vide, comme si elle planait au dessus de la table basse. C’était évident, elle kiffait sa race. Et puis, tout à coup, elle s’est mise à attaquer une pantoufle complètement innocente ! Si ça c’est pas un signe d’hallucinations, je ne sais pas ce que c’est ! Dangereux, ce machin. Et elle n’avait fait que lécher l’emballage…
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L’humaine est rentrée de son sport et a vite englouti une autre barre, en ventant les mérites de la teneur en protéines, en oméga 3 et oméga 6 de ces graines de chanvre. En vrai, je pense qu’elle était déjà complètement accro !
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J’ai donc analysé l’étiquette derrière la feuille de marijuana et là, j’ai été assez surpris : il y avait, comme l’humaine l’avait dit, des figues, des dates, de l’avoine, du gingembre, de la cannelle et les graines de chanvre. Pas de sucres ajoutés, que des produits bio. J’étais presque curieux de les essayer. Mais il fallait que je résiste à l’appelle de la décadence. J’avais surtout peur d’un bad trip.
Loulou avait déjà le bon profil de la camée, vu comment elle sniff en permanence. Vous allez me dire que c’est à cause de son museau trop court. Quelle belle excuse ! Je pense surtout qu’elle dissimule sa dépendance derrière la génétique défaillante de sa race.
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En tout cas, quand je l’ai vu chercher une 3ème barre avec l’humaine, j’ai failli appeler la brigade des stups ! Ah oui, vivre dans une maison avec des drogués, je ne tolérerai pas ! Mais avant de me lancer, je ne sais pas comment j’ai fait, mais j’ai dû trébucher, le museau plein dans le bout de barre que mon humaine me tendait. Oui, les accidents, ça arrive.
Eh bien, je vais vous dire une seule chose : on est tous les 3 au bout du désespoir maintenant, car la réserve est finie et le dealer est en vacances ! Je n’ai jamais goûté une chose pareille. Tellement tendre, tellement fruitée et en même temps parfumée. Les graines de chanvre c’est la vie. Elles sont super nutritives, peuvent protéger des problèmes cardiaques, sont bénéfiques pour la peau et en même temps une très bonne source de protéines végétales.
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Je rêve de tester celles aux grillons, faits par la même marque, car les grillons, je connais bien, j’en mange chaque été 😀 Mais malheureusement, celles-là sont interdites en France. Donc si parmi vous, il y a une bonne âme qui vit à l’étranger qui pourrait me les procurer…

Comment sortir l’humain de sa grotte

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Les humains ne sont pas des êtres ultra volontaires, comme moi. C’est pas pour rien qu’ils cherchent l’inspiration sur internet, avec des hashtags et de jolies citations motivationnelles. Mais j’ai élaboré une stratégie pour garder les miens au top de leur forme physique et surtout psychologique. Parce qu’il y a une citation latine que j’adore, qui dit mens sana in corpore sano – un esprit sain, dans un corps de dieu, ou un truc dans le genre.

Voici ma méthode en 5 étapes.

  1. Créer l’événement

Pour que mes humains aient envie de sortir courir avec moi, il fallait que je les rende petit à petit dépendants à cette activité. Comme pour toute drogue, la première dose est gratuite 😀

Sachez que l’humain, en général, est fainéant. Pour qu’il garde sa motivation, il vaut mieux qu’il programme ses sorties. Sans organisation préalable, il a tendance à flâner sur Youtube ou Youporn. J’ai mis un certain temps à leur imposer une discipline militaire et 3-4 sorties running par semaine, mais ça a fini par marcher et j’ai désormais plus de succès que Rocco et Katsuni.

Dès que je vois mon humaine enfiler ses baskets, je ne la lâche plus d’une semelle. Je prends bien soin à agiter ma queue comme si ma vie en dépendait, me mettre sur sa route pour qu’elle se prenne les pieds dans mes pattes et lui sauter dans les bras toutes les 75 seconds environ. Comme ça, pas moyen qu’elle se dégonfle.

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  1. Travailler en équipe

Il faut l’avouer, les gars, le running c’est ultra chiant, quand on s’y met. On ne fait rien d’autre que de mettre une patte devant d’autre pendant looongtemps. Il y a plus sexy, quand même. Ce n’est qu’après avoir pris goût à ce sentiment primaire de liberté absolue, de potentiel vent dans les poils, d’odeur de l’aventure dans les narines dilatées, qu’on en devient accro.

Pour leur donner goût à cette activité chiante, un chien c’est primordial. On est tous plus contents de partager quelque chose avec un copain, hein ?

Il faut leur montrer à quel point un binôme peut être stimulant et rassurant. On partage les moments de bonheur, mais aussi les plans galère. Les sorties sous la flotte, les sorties de nuit à -3°C, les sorties sans aucune envie. Mais quand on est ensemble, on se soutient, on s’encourage, on transforme en sortie fun même les sorties pourries.

  1. L’aider à se dépasser

Avec mon humaine, on s’est mis à courir ensemble, dès le premier jour. Enfin, moi, j’avais déjà beaucoup d’expérience, of course, à courir après les balles et les chiennes 😀 Elle partait de loin, parce qu’elle ne court pas après les balles.

Au début, on parcourait des distances ridicules, dignes de Loulou. Progressivement, avec beaucoup de patience et toujours un peu plus de volonté, je l’ai aidée à préparer deux marathons.

J’ai vite pris goût au foutrak. Quoi qu’au début j’avais compris food truck et je me suis fait avoir!

Et cela devient plus facile quand l’humain commence à voir les premiers signes de son évolution. La mienne passe des lustres devant son miroir à se regarder le nombril ou jsais pas trop quoi. Elle dit « tu les vois ? » et moi je fais semblant de comprendre.

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  1. Apporter une gratification

Moi je suis un grand fan des bâtons et pas du tout des carottes ! J’ai vite compris que mon humaine c’est le contraire 🙂 . Pour qu’elle soit contente de ces sorties de dogs running, je la récompense avec une grosse séance câlins juste après, pour lui montrer ma reconnaissance.

Elle se gratifie toute seule de cheat meals devant lesquels je bave discrètement. Enfin, « discrètement ».

Pour faire plaisir à mon humaine je passe des longues minutes allongé dans la boue pour qu’elle prenne sa fichue photo Instagram avec ses baskets et mes pates sales 😀 Est-ce que j’aime bien ? Pas vraiment, mais on est une team, je suis là pour elle-même dans des situations pénibles, parce qu’elle est là pour moi tout le reste du temps aussi.

  1. Always leave them wanting more

Ne pas aller trop vite, trop vite. Ne jamais épuiser son humain. Ça fait des sacrés courbatures et après ça refuse de bouger pendant des jours. A se tartiner d’huile d’arnica et à crier « houuuiii! » chaque fois que ça bouge un doigt. Petit être fragile.

Mais aujourd’hui elle est tellement habitée par cet esprit du dogs running, qu’elle arrive même à motiver ses copines à s’y mettre. Avec ou sans chien, d’ailleurs. Perso, ça ne me dérange pas du tout. Elles sont belles ses copines, je me frotterais bien à leurs jambes des fois >:D

 

La Wamiz Run : compte rendu d’un coussin péteur

 

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Quand tu te prépares pour le pire, tu n’es pas vraiment prêt pour le meilleur. Il paraît que c’est comme ça que mon humaine aurait vécu la Wamiz Run avec Loulou – le coussin péteur 😀

En tant que runner professionnel moi-même, entraîné dans les plus dures conditions, avec un mental forgé dans le froid, la pénombre et l’adversité, avec 4 papattes endurantes, j’étais mort de rire (et un peu de jalousie) devant ce duo improbable. Et ce, parce que ma coloc’ Loulou est tout sauf une sportive. C’est plutôt un couch potato, une patate de canapé, comme on dit chez moi, en Ecosse.

La veille de la course, première de ce genre pour mon humaine d’ailleurs, elle a sorti Loulou pour tester la laisse de dog running. Et là, c’était la cata ! Elle avançait jusqu’au moment où la laisse était tendue, après elle s’arrêtait 🙂 Elle attendait que l’humaine la dépasse et repartait. Arrivée au bout de la corde, elle s’arrêtait à nouveaux. Avancer par à-coups, ça fait rêver hihi. Alors que moi, l’humaine, je la porte fièrement, tel un drapeau derrière moi 😀

Elle était résignée à se taper la honte intergalactique devant tous les autres dogs runners. A courir avec un chien qui, au lieu de tirer, doit être tiré. C’est-à-dire qu’elle n’a pas peur du ridicule, mon humaine.

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En arrivant au village, elle a d’abord retrouvé les copains de Kirmosgamming et Genakoeur, qui avaient gagné leurs dossards au concours qu’elle a organisé sur Instagram. Des copains que j’aurais bien aimé rencontrer aussi, hein !

Il y avait aussi plein de filles dont je suis fou amoureux, comme celles de Dogs of Paris, LinkyDog ou DogsMeeting . Ils sont allés ensemble rejoindre la meute qui attendait patiemment devant l’entrée du village pour accéder au retrait des dossards. Et là, mon humaine a été soulagée de ne pas m’avoir amené, car je n’aime pas du tout qu’on me renifle les fesses. Alors que Loulou s’en fiche royalement.

Une fois le dossard épinglé, elles ont fait le tour du village, les animations leur faisaient de l’œil. Elles ont eu droit à une séance de massage canin (la chance !), une dégustation de friandises au dog bar, une dégustation d’eau dans toutes les gamelles, pour Loulou, qui a bien bu dans chacune (il y en avait sur 20 mètres, mine de rien !) pour s’assurer qu’on ait bien mis la même chose partout, sait-on jamais. Un passage chez Purina leur a rempli le sac de bonnes croquettes goût agneaux avec lesquelles je me suis délecté aussi à leur retour.

Mais l’heure du départ est venue. Le cœur serré, mon humaine s’est approché de l’arche Wamiz Run prête à se lancer et surtout prête à s’afficher pour l’éternité. Elle aime tellement Loulou, qu’elle s’est dit qu’elle trouverait la force de lui pardonner. Peut-être.

Les copains de ma taille et plus sont partis à pleine vitesse, en traînant derrière eux leurs humains affolés. Et là, mon humaine me racontait émerveillée, que, sans vraiment savoir comment, le Coussin péteur est parti comme une balle de calibre 7,62mm d’un FR-F2 😀 L’humaine n’arrivait pas à y croire. Elle n’avait même pas attaché ses cheveux, en pensant qu’elle allait marcher tout le long. Mais le Coussin péteur allait à pleine allure, en touchant à peine le sol !

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L’humaine pensait qu’elle voulait seulement rattraper le groupe de devant et qu’elle allait ralentir une fois arrivée à leur niveau. Que nenni. La folie était déchaînée. Le premier kilomètre est passé pendant que l’une essayait d’attacher ses cheveux et trouver un moyen de ne pas s’étouffer de surprise de ce côté ultra-compétitif découvert chez l’autre. Loulou qui fonçait dans le tas. Qui dépassait par la gauche, qui dépassait par la droite. Qui laissait derrière elle des huskies, des malinois, des borders (mouais…) épatés. La foule en délire devant ce tableau surprenant, m’a-t-on dit. Ok, je pense qu’elles exagèrent un peu, pour me rendre jaloux.

Deuxième kilomètre, un trou dans la route. L’humaine le voit, Loulou ne le voit pas. Loulou se banane 😀 Egratignure sur la truffe, mais rien ne l’arrête, elle veut courir, courir, courir. De la boue en plein milieu du sentier. Loulou passe dedans. Ça, j’y crois moyen, c’est une vraie princesse.

Le parcours est roulant, tout joli avec les nouvelles feuilles dans les arbres, l’herbe verte, le soleil, les oiseux qui chantaient dans le Bois de Vincennes. Au troisième kilomètre, l’humaine s’arrête pour laisser Loulou boire à un point ravitaillement. Il y en a beaucoup sur le parcours. Mais le Coussin péteur était en mission, elle n’avait pas le temps pour des conneries pareil.

Dernier kilomètre, elle ralenti un peu, mais ne veut surtout pas s’arrêter. Elle sourit de toutes ses dents devant les photographes 🙂 A la fin, pas de médaille, mais une jolie peluche pour Loulou, que cette connasse ne veut pas partager !

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L’humaine est sur les fesses devant la détermination de ma coloc’. Faut dire que moi aussi je découvre un nouveau respect pour ce petit bouledogue au caractère de cochon. Elle a fait un bon boulot. Bien évidemment, elle m’avait pris comme modèle, il n’y a aucun doute. Et, bien évidemment, un soldat entraîné comme moi aurait fait mieux que leurs pauvres 20 minutes et quelques.

Et soudain, le Coussin péteur devint une star. En arrivant au village elles ont retrouvé les amis. Elles ont même fait connaissance avec MJ the beagle. Il a trop la classe, lui ! Qu’est-ce que je le kiffe 🙂 Elles ont retrouvée les copines Laura et Swanna, venues encourager la meute. De vraies guerrières. Et Bête de course of course.

Elles ont papoté avec Linky Dog sur la nouvelle version Android de leur super appli qui fait se rencontrer des dog sitters sportifs et des chiens dont les maîtres n’ont pas beaucoup de temps pour les sortir. Avec l’équipe de Wamiz qui a assuré grave pour l’organisation de ce super événement. Avec plein d’autres copains des réseaux sociaux qui les ont reconnues (oui, elles se la jouaient people, celles-là !).

Et après, je suis choqué, elles ont même étaient interviewées par l’équipe du Quotidien de Yann Barthès sur TF1 ! Non mais sérieux ! Ça aurait dû être moi qui passe à la télé. Et moi qui passe dans le LIVE de Wamiz sur Facebook, pas Loulou. Mais la vie est injuste.

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Elles sont revenues avec le sourire, donc elles sont contentes de leur journée à la Wamiz Run. Il paraît que les amis des Chiens Guides de Paris ont reçu un joli chèque suite à la participation de 250 duos. On peut dire que c’est un petit coup de pouce pour leur noble cause.

 

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En tout cas, moi je suis si fier de mon humaine et de Loulou que j’ai même renoncé à déposer des surprises intestinales dans les Stan Smith 😀

Ici lieutenant Whiskey pour les humains, vous me recevez ? Over.

Lieutenant Whiskey

Je répète, ici lieutenant Whiskey (Whiskey – Hotel – India – Sierra – Kilo – Echo – Yankee) vous recevez ? Mouais, grosse déception, vous n’avez toujours pas réussi à craquer le code. Mais je garde espoir ! Un jour, un être supérieur y arrivera, forcément. C’est quand même pas si compliqué, bordel ! Tout est dans mon regard, je vous dis.

Anyway… D’ici là, je vais me servir de cet espace comme d’un journal de bord, pour y déposer mes pensées, mes ressentis, mes colères du moment. Oh oui, surtout mes colères ! Ça me permettra de garder une certaine santé psychologique. Mais que dis-je ? Obligé de parler qu’à des quadrupèdes quand on a une intelligence hors normes, il n’y a rien de plus aliénant.

Pour l’humain qui arrivera à me comprendre, je me présente : je suis le lieutenant Whiskey de l’Armée de terre des Cent moutons, border collie de 4 ans, beau, habile, brillant. Franco-écossais d’origine, je sers dignement mes humains et je les transforme petit à petit en bons petits soldats. Ma méthode est simple et efficace : le sport. Ils aiment ça, mes humains.

Comme je ne peux pas leur parler directement, car ils ne sont pas aussi remarquables que moi, je suis obligé de faire recours à des stratagèmes des plus élaborées. Faire systématiquement semblant de vouloir pisser, par exemple. Pour qu’ils me sortent et qu’ils se bougent. Ça marche toujours. Ou bien, ramener sans cesse une baballe. Ah, les baballes, je like ça, les baballes ! Sinon, leur sauter dans les bras quand ils s’apprêtent à sortir, en faisant les yeux doux. Pour qu’ils m’amènent aussi. Les résultats fluctuent, je n’ai pas encore trouvé une méthode universelle. Mais je teste, sans cesse, je teste.

Quand mes humains ne sont pas là (car ça travaille, les humains) je passe mon temps avec ma colocataire Loulou. Elle ne provient pas d’une race supérieure comme moi, c’est un pauvre bouledogue français, dépourvu de jugeote. Tout ce qu’elle sait faire c’est manger, péter, roter, et faire des léchouilles aux humains à longueur de journée. Bizarrement, ils ont l’air d’apprécier ce comportement déviant et bien rigoler avec elle. Bon, à mon avis, ils se foutent pas mal de sa gueule, car ils l’appellent « le coussin péteur ». Personnellement, je n’aimerais pas une telle qualification. Mais ça n’a pas l’air de la déranger, elle. A cause de sa stupidité, je suppose.

Bon, c’est pas que je m’ennuie avec vous, mais je suis assez pressé, j’ai des choses à faire. But I’ll be back 😉 Garde à vous !