Border collie vs berger australien – comparaison entre deux races de berger qui ont beaucoup en commun, mais rien à voir

J’adore les chiens de bergers, de manière générale. Leur rapport à l’humain, l’amour qu’ils portent à leur famille, leur proximité avec tous ses membres, leur patience avec les enfants, leur envie permanente de travail qui correspond tellement à mon tempérament, leur intelligence et capacité d’analyse hors normes, leur dynamisme et côté sportif c’est tout ce que j’aime chez les chiens. Aujourd’hui j’ai un border collier et un berger australien, chiens de berger tous les deux, mais tellement différents dans le fond. Je vais vous expliquer leurs différences pour vous aider à faire votre choix, si vous hésitez.

J’ai grandi au milieu de Bergers des Carpates, de grosses bêtes qui gardaient les troupeaux de mes grands parents et qui jouaient aussi volontiers avec moi, gamine insouciante de leur force. Ils m’ont toujours protégée, toujours accompagnée comme des grands frères placides et bienveillants. Ils m’ont aussi mis à ma place quand je dépassait les bornes : vouloir grimper sur le dos d’un chien de 45 kilos est fun pour un enfant, mais pas toujours pour le poilu 😀

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Photo credits : Lola Ledoux

Le Bordercollie

Quand j’ai pu choisir un chien pour partager ma vie, je voulais absolument un  berger. Je me suis renseignée sur toutes les races et j’ai décidé que le border collie me correspondait le plus. Je voulais un chien intelligent, sportif et vif, pour pouvoir partager avec moi plein d’aventures, un chien près de son humain, affectueux et facile d’entretien, avec une santé solide. En plus de tout ça, je voulais qu’il soit beau, selon mes critères, bien évidemment.

C’est beaucoup demander, d’un seul être, mais Whiskey colle parfaitement à la description. Je n’ai jamais rencontré de chien aussi intelligent. Son intelligence dépasse toute attente de ma part sur le sujet. Il a la capacité d’apprendre en 3-4 répétitions n’importe quelle nouvelle chose que je lui montre. Ça a été un gros challenge, car une fois que les bases de l’éducation acquises, les petits tricks juste pour l’amuser n’étaient pas assez nombreux et complexes selon lui. On lui a appris le nom de ses jouets et lui demandé de les apporter l’un après l’autre, à les ranger, à identifier ceux qui ont une forme particulière et les ranger par catégorie. On lui a appris à faire des révérences, à cacher ses yeux, à rouler, à passer des obstacles.

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Photo credits : Lola Ledoux

Un grand hyperactif

Ce n’était pas assez. On a fait de l’agility, du troupeau, du vélo, du rolleur, du canicross 4-5 fois par semaine, des sports aquatiques qu’il adore, du doga. En plus des balades, bien évidemment. Pour avoir un bordercollie, il faut beaucoup de temps, de patience et d’envie de lui proposer tout plein d’activités pour le rendre heureux. Un border en mouvement, est un border heureux. J’ai pu le faire, car il était mon seul bébé pendant un bon moment. On avait juste un vieux chat qui n’avait plus envie de jouer avec nous, ni avec lui.

Un chien à tocs

Pour le bonheur de Whiskey, on a changé d’appartement pour lui offrir un jardin. On s’est mis à tous les sports possibles avec lui, on lui a pris un copain chien pour qu’il ne s’ennuie pas tout seul, quand le chat est mort. On a adapté notre style de vie au sien. Ça tombait bien,  on en avait l’envie et on avait le temps. Mais toutes ces activités, tout l’amour, le jardin, le copain, n’ont pas été suffisants pour le protéger de sa sensibilité excessive. De son intelligence hors paire qui, dans les moments d’inactivité physique ou intellectuelle de la journée, avait quand même besoin de s’inventer ses propres jeux, parfois bizarres et complétement toqués. Parce que, oui, les bordercollies sont des chiens à toc. Même avec plus de 3 heures d’activité physique intense par jour et quasiment tout notre temps libre pour des jeux d’intelligence et stimulation intellectuelle, il n’avait pas sa dose. C’est un chien qui veut travailler TOUT LE TEMPS, qui ne se pose jamais, dont le cerveau n’est jamais en pause. Qui ne connait pas les siestes, les moments de calme. Enfin, cela est quand même arrivé vers ses 5 ans, mais, avant ça, il a inventé tout seul plein de jeux plutôt étranges.

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Photo credits : Lola Ledoux

Notre ancien appartement était un haussmannien avec un long couloir de 10 mètres de long. Au bout du couloir, il y avait le panneau électrique un peu vieillot, avec une mini lumière verte qui s’allumait toutes les 30 secondes. Il faisait un sprint à toute vitesse d’un côté à l’autre du couloir dans les deux sens, pour arriver juste à temps pour essayer « d’attraper » la petite lumière, pile au moment où elle allait surgir. Autant vous dire que les voisins d’en dessous n’en pouvaient plus des bruits de griffes sur le parquet.

Quand on a déménagé, il n’avait plus de couloir, mais il a trouvé un autre jeu. Il se mettait derrière la porte de la chambre et essayait d’attraper le rayon de lumière qui passait à travers, rentrant du jardin. Il a été si motivé, qu’il a fait un trou dans le parquet. Le chat s’amusait à se mettre de l’autre côté de la porte et passer sa patte devant cette petite fente, pour créer des jeux d’ombres. Cela rendait Whiskey complétement fou. On a mis une grosse malle derrière la porte pour l’empêcher d’y aller, car l’excitation le mettait dans un état second, intenable.

Encore aujourd’hui, il chasse les ombres. Quand il y a du soleil, il peut rester des heures dans le jardin à essayer d’attraper son propre ombre. C’est perturbant et malheureux, parce qu’il le fait sans pouvoir s’en empêcher, c’est une espèce d’automatisme qu’il ne peut pas contrôler. Même s’il en sort pendant quelques minutes, il se sent obligé d’y revenir dès qu’il n’a plus une activité qui l’occupe.

Une intelligence incroyable

Mais ces tocs font partie de lui, de sa personnalité. C’est son intelligence qui lui joue des tours. Parfois, je suis surprise de voir à quel point il est capable de faire des liens entre des informations qu’il a, mais qu’on ne lui a jamais appris. Quand on parle au téléphone et qu’on dit « à tout de suite », il part attendre devant la porte. Pareil quand on donne le code d’accès à l’immeuble. Code qui change régulièrement et les premières fois qu’il nous entend les prononcer, on le voit hésiter. Il essaie de comprendre s’il y a le même nombre d’éléments et ça en fait un code d’entrée ou autre chose.

Quand il entend certains mots, il les comprend et prend des décision en conséquent. « Aller courir », « le parc », « faire une balade », « jouer à la balle », « jouer au frisbee », il sait ce qu’il faut faire dans chaque cas, alors qu’on ne lui a pas appris. Il est impressionnant. Quand j’étais enceinte, il l’a su avant moi et a adapté son rythme à mes besoins avant que j’en ai conscience. Impossible de le faire tracter, il se rangeait à mon niveau et me jetait des regards inquiets de temps en temps.

Il s’est beaucoup posé depuis l’arrivée de ma fille. Il avait déjà un côté protecteur qui m’a sortie de situations dangereuses avant, maintenant il est le gardien de Mia. Quand on la fait garder, il surveille en permanence le baby sitter, il ne le lâche pas d’une semelle et il l’a toujours en viseur. Ça leur met un peu la pression, les pauvres. Il se couche à côté de son lit. Au début, il ne laissait pas Jazz s’en approcher.

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Photo credits : Lola Ledoux

Le berger australien

Jazz est rentrée dans nos vies il y a un an, lorsque nous avons perdue Loulou, bouledogue français que j’avais adoptée à cause de sa maladie de cœur et pour combler la vie de Whiskey. Je voulais un chien de berger, bien évidemment. On m’avait parlé de cette race comme ayant tous les avantages du border, les tocs en moins. Sur papier, ça sonnait parfait. La réalité m’a, pourtant, un peu déçue.

Un chien têtu

Première chose que j’ai remaqué chez Jazz a été son énorme confiance en elle-même et son côté obstiné. J’ai mis ça sur son jeune âge, mais elle le reste tout autant en grandissant et tous les bergers australiens que je connaît ont un peu ce trait de caractère. Pour vous faire une petite idée, quand je demande quelque chose à Whiskey, que ça lui plaise ou pas, il le fait. Rester assis, ne pas toucher au bébé, arrêter de vouloir lécher le beurre sur la table. Jazz le fait, mais pendant quelques secondes seulement. Après, elle retente sa chance, sait-on jamais, peut-être que 5 secondes plus tard j’aurais changé d’avis.

Elle apprend aussi ce qu’on lui demande, mais après pleeein de répétitions et parfois je dois même découper l’exercice en plusieurs parties pour qu’elle comprenne bien chaque étape. Niveau intelligence, on n’est clairement pas sur le même niveau que le border et ça c’est la chose qui me saute le plus à l’œil. En plus, son caractère têtu me rend parfois vache.

Quand je fais le ménage, par exemple, je leur demande à tous les deux de sortir dans le jardin. Comme ça, je peux passer la serpillère sans avoir plein de traces de pattes sur le carrelage. Whiskey, comme à son habitude, s’exécute. Mais Jazz, si elle ne veut pas, se met dans son panier et me tourne le dos, comme une autruche qui pense que parce qu’elle ne nous voit pas, nous non plus. Si seulement elle restait dans son panier par la suite, ce ne serait pas gênant. Mais 5 secondes plus tard elle en ressort et commence à gambader et quand je re-ouvre la porte et je l’invite à sortir, elle recours dans son panier. Je suis à moitié amusée par ce comportement et à moitié blasée.

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Photo credits : Lola Ledoux

Un grand gourmand

De toute ma vie, je n’ai pas vu une morfale pareil ! A croire que je ne la nourrie pas suffisamment. Elle vole sur la table, avale sans mâcher des cochonneries qu’elle trouve par terre, lèche sans gène les joues pleine de yaourt de ma fille, alors qu’elle entend très bien le « non », le « tu laisses » et mon exaspération tout court. Cela rend les choses plus simples pour l’éducation, car elle fait tout pour une friandise. Ce n’est pas le cas de Whiskey, pour lequel la prise de la friandise est plutôt pour me faire plaisir, il travail tout aussi bien pour une caresse ou un encouragement. Jazz non. No croquette, no travail. Fais péter le jambon !

Elle est aussi très-très destructrice. Whiskey m’avait refait le salon aussi, ceci dit, en faisant ses dents. Il a rongé des pieds de chaise, des pieds de table basse (il a complétement réduit en miettes un d’eux, en laissant quand même 3 pour le style). Il a aussi creusé un trou dans le canapé et s’est installé dedans en attendant notre retour. Mais Jazz, c’est pire.  Le canapé, les chaises, les murs, les plinthes, les chaussures en cuir, les meubles en bois, tout y est passé. J’ai dû remplacer tout dans le salon. J’ai repris des meubles en métal (heureusement pour moi, j’aime le style industriel :D) ou avec des concours métalliques pour l’empêcher de mordiller. Les jouets de Mia en ont été victimes aussi. Les stylos, les câbles, les prises ! Le sapin. Les marche-pied et les portes. Un monstre sur pattes.

Elle a la fâcheuses habitude de cacher ses friandises et, pour les cacher, elle creuse. Le jardin est un champs de tranchées. Les pots de fleurs aussi. Elle creuse sous les couettes pour cacher des oreilles de cochon. Je tombe sur des os à moitié pourris derrière la bibliothèque et les commodes.

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Un énorme besoin de sociabilisation

Indépendamment de ces côtés négatifs, elle est adorable. Elle est fondamentalement gentille, elle aime les humains, les chiens, les chats (Whiskey aussi est fan des félins, alors qu’il n’aime pas ses congénères). Elle cherche la proximité de tous ces êtres, mais lit très bien les codes et sait quand il faut les laisser tranquilles et quand les inviter à jouer. Et elle le fait bien avec toutes les espèces. Je ne dirais jamais assez merci à son élevage qui l’a sociabilisée très jeune avec tout cela.

Elle est loin d’être une hyper-sesnible comme Whiskey, elle est bien dans ses pattes et sait lire et anticiper les comportements des autres. Elle gère merveilleusement bien les rapports aux autres. Et elle a beaucoup besoin d’interagir avec. Mes balades avec elle ne ressemblent pas du tout à celles avec Whiskey. Il est un solitaire et peut vivre très bien en tête à tête avec moi, alors qu’elle a besoin de rencontrer des chiens, jouer avec. On fait des balades en groupe et des sorties dans le parc avec des copains. Je rencontre des gens fort sympathiques et elle sait se faire aimer par tout le monde.

Elle est un peu brute sur les bords avec ma fille parfois, avec son envie de contact, elle se roule sur le dos et la pousse avec ses pattes, lui fait des léchouilles intempestives et la suit  à la trace même quand elle n’est pas bienvenue. Mais elle sait aussi lire son langage corporel et quand elle voit qu’elle ne se sent pas bien, elle la laisse tranquille. Elle veut des câlins et nous avoir dans son rayon visuel tout le temps. Whiskey aussi, ceci dit, aime bien nous voir. Que j’aille dans la salle de bain, la cuisine ou les toilettes, j’ai toujours mon escorte personnelle. Mais les bergers australiens sont « des chiens de contact » comme le dit si bien mon amie photographe Lola Ledoux. Quand je suis dans le canapé, elle a besoin de toucher mes jambes pour sentir dès que je bouge. Whiskey a besoin de me voir, mais pas forcément de me toucher. D’ailleurs, pour les câlins, il les accepte le matin au réveil et le soir avant de se coucher. Le reste du temps il les tolère éventuellement, mais sans enthousiasme. Jazz en a besoin.

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Photo credits : Lola Ledoux

Mes chiens sont très différents, même s’il s’agit bien de chiens de berger dans les deux cas. Ceci est lié à leur histoire et à l’évolution des races et leur sélection et aussi à leur tempérament personnel. Les borders travaillent le troupeau depuis des siècles et ils dormaient souvent dehors, avec les moutons. Les bergers australiens, une fois leur travail avec les vaches terminé, rentraient souvent au ranch avec leurs cowboys et passaient le reste de la journée en famille. Cela se sent dans leur manière d’aborder la vie et l’humain.

Cela fait aussi leur beauté, toutes ces différences. Ils sont géniaux, l’un comme l’autre et je les aime de tout cœur. Bien évidemment, ce que je vous raconte ici est valable pour mes deux loustics, mais le sera peut-être moins pour les vôtres, car chaque chien est différent. N’hésitez pas, d’ailleurs, à me dire comment sont les vôtres et si vous avez le même ressenti !

Andreea

3 commentaires sur “Border collie vs berger australien – comparaison entre deux races de berger qui ont beaucoup en commun, mais rien à voir

  1. Hello Andrea! Encore une fois un magnifique article très bien écrit !
    C’est fou ce que tu as réussi à apprendre à Wiskey !! Mais j’avais vu un border dans un resto d’altitude à qui les maîtres ont appris à ne manger que des choses tendues par la main gauche…Car la plupart des gens sont droitiers et donc ça réduisait les risques de nourrissages!
    Et pour ma part notre border était comme un fou quand il me voyait mettre mes affaires pour courir…je ne sais pas ce qui lui permettait de les reconnaître mais même sans les chaussures il savait qu’on allait courir.
    Et après pour le côté toque les lézard l »ont beaucoup beaucoup occupe haha

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  2. Je trouve beaucoup de points communs entre nos borders…cette race est tellement différente des autres que je pense qu’il est bien de le rappeler aux futurs maitres…même s’il est à la « mode » ce chien n’ est pas un chien à mettre entre toutes les mains !

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  3. Très intéressant ton article ! J’ai un Border Collie âgé de bientôt 3 ans. Je suis totalement d’accord sur l’intelligence incroyable des BC. Mon Lulu comprends une multitude de mots simples et sa capacité de réflexion me coupe le souffle. Le mien est possessif sur les objets et monte la garde. C’est également un Border destructeur ! Il a des dents de Raptor. Je pense à passer à la salle à manger en métal ! Mon Lulu est très proche de nous. Je te rejoins sur le fait qu’ils sont à fond tout le temps. Compliqué de faire redescendre la pression… Notamment quand Lulu course les voitures dans le jardin… Merci pour ton témoignage. Wouf soirée.

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