Prendre un chiot lorsqu’on a un bébé en bas âge

C’est de la folie, ne le faites pas. Ce n’est pas une blague, si vous n’avez pas un grain, une fibre suicidaire, un caractère hyper-hyperactif ou que vous aimez vous donner des challenges excentriques que personne ne vous impose, passez votre chemin. Un chiot c’est beaucoup de boulot, un bébé encore plus et les deux ensemble vous font un cocktail Molotov qui peut à tout moment vous exploser à la figure. D’ailleurs, c’est sans doute ce qui se passera.

Pourtant, je l’ai fait et, pour l’instant, je suis (encore) vivante. Certes, dans mon cas, le contexte était un peu particulier. Ayant perdu ma petite bouledogue de manière inattendue en début d’année, j’ai été très affectée et je n’ai pas été la seule. Whiskey est tombé dans une sorte de léthargie dépressive et il a été pendant un moment l’ombre du chien que je connaissais.

La décision n’a pas été prise sur un coup de tête, mais, j’avoue aujourd’hui avec le recul, que si c’était à refaire, j’attendrais un peu, pour que ma fille soit un peu plus grande avant de prendre un chiot. Jazz a plus de 10 mois en ce moment et elle commence à être propre et un minimum éduquée, mais avant cette étape, nous avons dû dépasser beaucoup d’étapes bien pénibles et difficile à gérer en parallèle de la gestion d’un bébé de moins d’un an avec ses besoins spécifiques.

L’apprentissage de la propreté

Pour l’organisation, ça a été un casse-tête permanent. Un chiot n’est pas propre tout de suite et, à son arrivée à la maison, Jazz avait seulement deux mois et demi, elle faisait donc beaucoup ses besoins là où l’envie la prenait subitement. Lorsqu’on a un enfant en bas âge, la propreté est un requis important pour sa santé. J’avais déjà choisi d’allaiter ma fille pour lui passer les anticorps que j’avais développés en côtoyant les poilus moi-même. Mais les pipis/cacas par terre, c’est une autre affaire. J’ai toujours essayé de la sortir régulièrement, après ses dodos, ses repas, ses sessions de jeu, mais les accidents arrivent tout le temps. J’ai la chance d’avoir un jardin, donc pour les pauses techniques ça allait à peu près, même si sortir d’une main le chiot lorsqu’on a son bébé dans les bras n’est pas chose facile. Passer la serpillière non plus, ceci dit.

Je n’ai pas crée de coin pipi pour Jazz, je ne trouve pas ça une bonne idée dans l’absolut et je cherchais surtout à la sortir le plus possible, la féliciter lorsqu’elle faisait dehors et mettre un mot sur ma demande, afin de lui apprendre le vocabulaire humain et les règles de jeu, sans lui mettre la pression pour autant, car elle était bien jeune pour réussir à faire toujours comme j’aurais voulu, même si à un moment donné elle avait compris ce que j’attendais d’elle. J’étais donc souvent débordée quand Mia avait besoin de moi, qu’elle mangeait ou autre et que je voyais du coin de l’œil qu’il était probablement temps de sortir Jazz avant qu’elle fasse pipi juste devant la porte. En plus, je devais attendre que ma fille finisse de manger avant de pouvoir nettoyer. L’angoisse.

Les balades et la socialisation

Les 4 premiers mois de la vie d’un chiot sont essentiels pour qu’il acquiert un maximum d’expériences, soit exposé à un maximum de situations pour être vite sociabilisé. Toutes les choses qu’il aura à voir dans sa vie devraient idéalement lui être présentées dans ce créneau-là. Je vis à Paris, ville agitée et bruyante, donc Jazz a dû très vite faire la connaissance des voitures, motos, trottinettes, vélos, poussettes, camions-poubelle, de la foule, des klaxons, des sirènes, des parisiens 😀 etc. Pour ce faire, j’ai dû la sortir. Beaucoup. Mais balader son chiot et son bébé en même temps, c’est une douce folie. En porte-bébé ça aurait peut-être été plus simple, mais j’avais envie qu’elle sache vite marcher en laisse avec la poussette, car c’est le moyen que j’utilise pour balader ma fille.

Faire 100 mètres me prenait 20 minutes et me sortait 20 cheveux blanc, entre les moments où Jazz essayait de dépasser la poussette, de monter dedans, quand elle voulait aller à l’opposé de là où je voulais l’amener (et la poussette allait aussi), les passants qui s’arrêtait pour la toucher et demander plein de choses sur la race, l’âge et le poids à l’âge adulte et l’ennui de mon bébé parce que la poussette n’avançait pas. Ça a été long, ça a été fastidieux. Mais elle a appris à marcher au pied et à ne pas tirer comme une folle en laisse. Parce que oui, avoir la laisse dans une main et la poussette devant, ça complique pas mal la vie.

Son pas bouger a été impeccable assez vite. C’était obligatoire, car pour sortir de mon immeuble, je dois descendre une rampe avec la poussette. Et si elle ne restait pas tranquille à attendre que je déambule les escaliers, elle aurait pu foncer dans la rue, où passent les voitures. J’ai beaucoup travaillé les bases avec elle. Elle a plus de mal que Whiskey à assimiler les mots et leur signification. On a beaucoup travaillé au geste, elle a l’air plus à l’aise avec ça. Aujourd’hui, je suis très fière d’elle. Et il y a de quoi. D’ailleurs, beaucoup de couples et femmes enceintes que je croise avec Jazz et ma fille au parc me demandent comment j’ai fait pour lui apprendre à marcher si bien avec la poussette. Ça n’a pas été de la tarte, mais on y est arrivées toutes les 3.

L’éducation et l’interaction avec le bébé

Les chiens et les humains n’ont pas les mêmes codes. Nos concepts de bien et de mal leurs sont inconnus et ce qui peut être dérangeant pour nous, voir dangereux pour eux, est hautement gratifiant pour le poilu. Ne pas manger dans la poubelle, ne pas ronger le fauteuil, les câbles électriques, faire ses besoins sur le parquet, ne pas dévorer le chocolat ou monter sur le lit, ne pas sauter sur les visiteurs ou lécher le visage du bébé, ça ne leur vient pas naturellement. Un chiot doit être éduqué, pour son bien et pour vivre en harmonie avec son groupe social humain.

Quand on a un bébé, en plus, c’est d’autant plus compliqué, car en plus de faire l’éducation du chiot, on doit faire en parallèle l’éducation du bébé en ce qui concerne le chien. J’ai essayé d’apprendre aux deux d’être douces l’une avec l’autre. Whiskey fait beaucoup attention à ma fille depuis qu’elle est toute petite, il bouge tout doucement autour d’elle pour ne pas lui faire mal, se laisse volontiers tirer les poils et faire des bisous, chose qu’elle adore aussi. Il lui répond avec de la gentillesse et si jamais elle est brusque ou quelque chose ne lui va pas, il se lève et il s’en va. Je l’ai toujours encouragé à le faire, car il n’est pas un jouet et parfois les enfants ne se rendent pas compte qu’ils tirent un peu trop fort les oreilles ou les poils et d’autres fois ils le font exprès.

Pour Jazz, ça a été un peu différent, car elle est bébé en même temps que ma petite grenouille. J’ai dû vite lui apprendre l’inhibition de la morsure, car les petites dents de lait sont si pointues qu’elles font vite mal. Ce qu’elle a encore un peu du mal à comprendre c’est le concept d’espace privé. Elle veut se coller toujours à nous, à ma fille aussi. Quand elle joue par terre, Jazz n’est jamais très loin, elle veut partager les jouets et les goûters, lui lécher les mains et le visage. Même quand la petite n’en a pas forcément envie. Ce qui crée des situations assez cocasses. Je me demande des fois si elle ne la prend pas pour un autre type de chiot, car elle la traite comme un partenaire de jeu et ne se rend pas souvent compte de sa force.

Il faut aussi savoir que les chiens n’ont pas un sens du toucher très développé, c’est d’ailleurs le moins important pour eux et ils sentent quasi exclusivement via les coussinets et le museau. Mais toucher de cette manière un petit enfant qui reste un être fragile, n’est pas une très bonne idée. J’apprends donc à Jazz de garder ses envies de contact au plus bas niveau avec Mia. Dans le sens inverse, j’essaie d’apprendre à ma fille que le panier de Jazz est son oasis de paix et qu’il ne faut pas aller la chercher lorsqu’elle y est. Ça ne marche pas très fort, pour l’instant, elles sont souvent toutes les deux calées dedans 😀 Mon pouvoir de persuasion n’est pas au top avec ces deux chipies.

Il y a de l’espoir

Je trouve quand même que plus elles grandissent, l’une comme l’autre et plus ça devient plus facile. Jazz commence à comprendre et assimiler les règles de la maison, elle est désormais propre, elle sait marcher en laisse à côté de la poussette et elle a appris quelques mots et signes utiles au quotidien qui nous permettent de communiquer plus facilement. Il me reste encore beaucoup de travail et la vérité est que j’ai moins de temps à lui accorder qu’à Whiskey, car pendant sa jeunesse à lui je n’était pas maman et il était ma seule priorité. Aujourd’hui je dois m’organiser autrement et trouver du temps pour tout le monde.

La bonne nouvelle est que le bonheur et la joie de vivre qui en découlent, valent mille fois les prises de tête pour en arriver là. La relation que ma fille a avec Jazz en particulier est très forte et très spéciale, car grandir ensemble, être enfant en même temps leur donne une complicité plus forte que celle que j’ai moi avec Jazz, par exemple. Elles font des bêtises ensemble, se marrent, s’embrouillent, comme on fait avec les vrais amis. Et ça ne fera que devenir plus fort et plus beau à voir.

Vous avez grandi avec des animaux ? Si vous voulez partager vos expériences, c’est le bon moment !

Andreea

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