Le rapport au corps pendant et après la grossesse

Dans le mot « grossesse » il y a le mot « grosse » et ça, ça fait mal, même si c’est temporaire. Surtout lorsqu’on est sportive et qu’on vénère ses abdos et que le mot « gros » est incompatible avec l’image de soi.

De nos jours, les femmes vivent avec une constante pression sociale pour remplir (vite et bien) plusieurs rôles à la fois. On doit être jeune et jolie (même quand on n’est plus jeune, ni jolie), garder son sex appeal à tout jamais, avoir une belle carrière, être une partenaire de vie exemplaire et, éventuellement, une bonne mère. Cette pression, on se la met souvent toute seule.

Comment gérer une période où notre corps change du tout au tout ? Je vous parle ouvertement de mon expérience personnelle, aussi imparfaite soit-elle.

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J’ai détesté la grossesse et elle m’a détesté à son tour

Je vous l’ai déjà dit, la grossesse n’a pas été pour moi une période d’émerveillement constant sur la magie de créer la vie, je ne me suis pas extasiée de comment un petit humain grandissait dans mon corps et je ne me suis pas réjouit de voir mon ventre s’arrondir. Loin de là. J’ai passé 3 mois à vomir et 3 autres en arrêt maladie parce que le stresse du travail empêchait mon petit têtard de grandir.

J’ai vécu cette collocation avec ma fille comme une petite prise d’otages : avec impatience pour que ça se termine et constantes négociations avec la nature. J’ai perdu mes abdos vers le 4ème mois et avec eux, ma joie de vivre.

Je n’ai jamais réussi à comprendre les nanas qui sont en extase devant le miroir pendant ces 9 mois et aux anges de pouvoir manger ce qu’elles veulent. Ce n’était clairement pas moi. Et ce, malgré une certaine clémence de la part de mon corps qui a été capable de rester dynamique et actif jusqu’au bout. Mon corps d’avant me manquait et je n’avais qu’une hâte : rencontrer la petite grenouille pour en finir avec la grossesse.

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Récupérer un corps potable : quand et comment ?

Mais une fois que la grossesse se termine, ton corps ne revient pas à son état d’avant. Eh non, ce serait trop beau et trop simple. Et, en tant que femme, tu dois souffrir. C’est le jeu, ma pauvre Lucette. Et que ce soit ta première fois, tes règles ou ton accouchement, tu vas avoir mal. Oui, la nature est injuste, ça n’arrive pas aux mecs. Mais ne t’en fais pas, tu es assez forte pour mener à bien toutes ces épreuves et chacune d’entre elles te rendra plus forte. Tu as même la capacité de les transformer en quelque chose de beau, promis juré. Fais-toi confiance.

Pendant la grossesse, le corps traverse des épreuves les unes plus dures que les autres, mais ça se fait progressivement. Donc ça le rend plus fort au fur et à mesure. Mais la peau se tend, l’utérus prend petit à petit la taille d’une pastèque et le lendemain de mon accouchement je me demandais si je l’avais bien fait ou rêvé ou s’il y avait un deuxième gosse caché quelque part dans mon ventre. Oui, ça prend du temps à retrouver sa forme initiale. A peu près deux semaines, dans mon cas.

Parlons aussi sujet qui fâche : les kilos. J’en ai pris 12,5 pendant la grossesse, ce qui est assez correct sachant que la moyenne en France est de 14,5kg et que j’ai accouché presqu’un mois avant le terme. Un mois de plus et j’y étais, je pense. Sur ces 12,5kg il y a le bébé – presque 3kg – le placenta, le liquide amniotique, le surplus de sang nécessaire à irriguer un deuxième petit corps. Ces kilos-là partent relativement vite.

En rentrant de la maternité, 3 jours après l’accouchement, j’avais déjà perdu 6,5kg. Aujourd’hui, un mois et demi après avoir rencontré mon petit bout de chou, il me reste un kilo et demi à perdre pour revenir à mon poids initial pré-grossesse. Il faut dire que l’allaitement, ça aide. Mais il ne faut pas se leurrer, il s’agit du poids net sur la balance. Et la balance, on la balance. Je sais que j’ai perdu pas mal de masse musculaire dans le procès et le muscle pèse bien plus que la graisse, tout le monde le sait.

Ca prendra du temps pour retrouver mes abdos adorés – surtout le bas des abdos, parce que le haut commence déjà à se redessiner, mais je vais le prendre et même si le corps n’est plus le même après une expérience de cette nature, je le reconstruirai, brique par brique, fibre musculaire par fibre musculaire. J’ai commencé la ré-éducation hier et il parait que je n’ai pas besoin de beaucoup pour retrouver l’élasticité de mon périnée et la tonicité de mes abdos. Encore une fois, vive le sport !

Bientôt ce sera la reprise du canicross, j’ai tellement hâte et peur à la fois. N’hésitez pas à partager vos expériences, je suis curieuse de savoir comment ça s’est passé pour vous.

Andreea

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