Comment je suis arrivé en prison (part 2)

J’ai commencé à te raconter la semaine dernière comment je suis arrivé en prison. Aujourd’hui je reviens avec la suite de l’histoire qui montre qu’une seule personne mal intentionnée peut bouleverser la vie de beaucoup d’autres, en un clin d’œil.

Quand son amie a appelé mon humaine pour lui dire que les flics étaient à notre porte, elle est restée sans voix. « Pourquoi ? » se demandait-elle et les pires raisons du monde lui venaient à l’esprit en même temps. La vraie, était bien plus bizarre que la réalité. Car pendant qu’elle allumait sa clope, la copine de mon humaine n’a pas fait attention à la vieille folle du quartier qui s’approchait de nous en boitant.

Elle l’a remarquée quand elle était déjà bien proche et qu’elle tendait sa main vers moi. Par dessus ma tête, comme il ne faut jamais approcher un chien. L’amie de mon humaine ne me connaissait pas assez pour décider si c’était une bonne idée de laisser des inconnus me toucher ou pas, alors elle lui a demandé de ne pas le faire. Sauf que la vieille l’a envoyée bouler, en disant qu’elle me connaissait. Si tel est le cas, je n’en ai aucun souvenir. Et je pense que je n’aurais pas oublié cette odeur d’aigre et de vodka pas chère.

Dans tous les cas, ce que j’ai vu, c’était une inconnue étrange qui rentrait dans mon espace vital en levant une main et en marchant de manière menaçante. En plus, juste avant de me toucher, elle a trébuché ou perdu son équilibre, dans tous les cas j’ai enregistré ce mouvement précipité encore plus bizarre que le reste. J’ai donc fait un bond et chiqué le mollet de cette bizarre créature, pour la dissuader de m’approcher. Et mon plan a bien fonctionné : elle avait tout sauf envie de me toucher, par la suite. J’étais assez fier de moi, avant de comprendre ce qui allait m’arriver.

Comme la plupart des borders, je vise les mollets en premier, déjà parce qu’ils sont accessibles et après parce que c’est ce qu’on fait aux moutons égarés, je te rappelle. Eh oui, va lutter contre ta nature, je t’en prie. La blessure de cette vieille était superficielle, une petite égratignure et même pas une goûte de sang, mais le problème est que la scène a eu lieu en face du bar juste en dessous de notre immeuble.

Le patron de ce bar était (et probablement l’est encore) une espèce de Grinch qui déteste le monde entier sans exception et sans aucune raison particulière. En voyant la vieille folle en train d’inspecter son mollet et l’amie de mon humaine choquée par la situation, il a trouvé bien d’appeler les pompiers et la police, même si la vieille lui a répété plusieurs fois que ce n’était pas nécessaire, car elle allait bien et qu’elle n’aurait pas du essayer de me toucher.

Rien à faire, il les a appelés quand même. Les pompiers sont d’abord arrivés, ont constaté et désinfecté la griffure et ont demandé si j’étais vacciné. Doooh ! 😀 Ensuite deux policiers ont débarqué, mais, entre temps, l’amie de mon humaine m’avait déjà ramené à la maison en tremblant et s’apprêtait à partir à son examen, encore sous le choc. Sauf que les deux policiers ne voulaient pas la laisser partir, ont demandé du renfort et à voir les propriétaires du chien.

Justement, mon humaine était partie en catastrophe de son travail. Mais l’heure et demi de transports pour arriver à la maison a été bien longue. Plein de pensées sombres la hantaient et l’adrénaline l’avait complètement envahie. Tout son sang était dans les mains, elle les sentait pulser, impatientes d’agir, mais elle se sentait impuissante, bloquée dans un train à l’autre bout de l’île-de-France.

Elle a prévenu l’humain de ce qui se passait. Il est parti à toute vitesse du bureau à son tour. Elle n’arrêtait d’appeler son amie qui était carrément traumatisée, la pauvre. Elle ne savait pas quoi faire, ni comment retenir les policiers pour qu’ils puissent parler directement avec mes humains. L’humaine a parcouru à toute vitesse la distance entre la gare et l’appartement.

Mais une fois arrivée en sueur, elle n’y a retrouvé que son amie en train de pleurer sur le paillasson : « Je n’ai rien pu faire, ils l’ont embarqué. Il est au poste de police du 5ème arrondissement ».

La suite, tu t’en doutais, ce sera pour plus tard 😀

Whiskey

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